Un dromadaire pour tous...

 SOINS DES DROMADAIRES


LES DROMADAIRES ET LES CHAMEAUX


Le dromadaire a une bosse (camelus dromedarius) , le chameau de Bactriane, à deux bosses. Ils sont de la famille des grands CAMELIDE. Apparu il y à 50 millions d'années, il existe une famille de petits camélidés qui a donné;  la Vigogne, le Guanaco, le Lama  et l'alpaga en Amérique.  Les dromadaires  auraient gagné l'Afrique il a très longtemps mais auraient disparus avant de revenir d'Asie mineure par le Sinaï. Environ 2000 ans avant Jésus Christ le dromadaire actuel pénètre dans le Sahara où il est domestiqué en tant qu'animal de bât et de selle, mais on l'élève aussi pour son lait , sa toison et sa viande. C'est l'animal divin, emblématique du désert. Il participe activement à la dispersions des peuples nomades, utilisés autant pour la guerre que pour créer des liens commerciaux entre des régions éloignées. Il devient rapidement un animal vénéré, "porte bonheur" pour ceux qui ont la chance de le posséder, car il sert aussi de monnaie d'échange ou de dot, c'est une véritable richesseéconomique et culturelle, indispensable pour la survie en terre arides.

Fiche dromadaire 

Taille : environ 2 m au garrot ( 1.70m à 2.30m ) Au Turkménistan on élève des dromadaires pouvant atteindre 2,50 m et peser jusqu'à 1300Kg.

Poids : environ 400 kg à 900 kg

Reproduction : Une femelle est capable de donner un chamelon vers 4 ans, les mâles deviennent reproducteur entre 5 et 6 ans. Certains mâles peuvent devenir agressif pendant la période de reproduction qui arrive l'hiver quand la végétation reverdie de novembre à février.

Gestation : 13 mois pour le dromadaire un peu plus pour le chameau, le petit  s'appelle le chamelon. Possibilité d' hybridation : croisement entre le dromadaire et le chameau qui donne le Turkoman. Il a eu aussi des tentatives de clonages réussies, ainsi qu'un croisement entre dromadaire et Lama, qui a donné le jour à un animal nommé "Cama".

Longévité : il peut vivre jusqu'à 35 ans voire 40 mais la mastication des plantes dures dans le sable provoque une usure des dents qui peut entraîner une mort précoce.



Le "cri": on dit qu'il blatère. En général les grands herbivores ne sont pas des animaux bruyants pour ne pas attirer les prédateurs, le dromadaire qui n'arrête pas de se distinguer, se montre très bavard et module énormément sa voix à la moindre circonstance.

Alimentation des dromadaires : herbivore ruminant, son estomac est constitué de 3 poches pouvant emmagasiner de 40 à 50 litres de nourriture ou 120 litres d'eau.

En Europe les dromadaires mangent de la paille, du foin, de l'herbe... ils sont complémentés avec de l'orge, ils adorent : la pierre à sel, le pain sec, les carottes, les pommes... et les mandarines. Les compléments sous forme de granulés ne doivent pas être trop riches. En général en Europe les dromadaires ne soufrent pas de sous alimentation, mais il faut plutôt rester vigilant aux problèmes de surdosage (acidose, intoxication).



Le sous bois de chênes verts n'est pas l'habitat naturel du dromadaire ! Mais il y trouve une ronce qu'il adore par dessus tout : la salsepareille.


Touareg et Tyrki les dromadaires de l'association profitent bien de la végétation piquante et sèche de la garrigue. Leur préférence va à une ronce parfaitement connue sous le nom de Salsepareille, ils mangent aussi les chardons, toutes les graminées, grapillent les feuilles des arbres comme le chêne vert, l'olivier, le pistachier, le quadier, les aiguilles de pin, le lière, les pousses du lentisque, la presle... Pour l'association nous réalisons une sorte d'herbier avec les plantes qu'ils mangent afin de constituer une base pour de futures analyses au niveau des apports en vitamines et sels minéraux.


Répartition : Il y aurait environ 20 millions de dromadaires dans le monde : Somalie 6 millions de dromadaires, Soudan 4 millions, Mauritanie 3 millions, Ethiopie 1 million, Inde 1 million.

En France on peut estimer qu'il y a 500 dromadaires : 400 environ sont placés dans des parcs zoologiques, fermes pédagogiques, cirques. Une centaine appartiennent à une dizaine de professionnels comme la Ferme de la Blaquière ou la Ferme Exotique de Cadaujac près de Bordeau. Cette dernière avec plus de 40 animaux représente le plus grand élevage de dromadaires français et le troisième d'Europe après les Canaries ( Espagne) et l'Allemagne. On estime à une quarantaine de dromadaires français éduqués à la monte licolée pour les promenades touristiques.

En Australie des dromadaires ont été importés au 19 ème siècle afin d'aider les hommes dans la construction des futures voies ferrées. Ils ont ensuite étaient abandonnés dans le désert australien, où ils se sont remarquablement  adaptés et retournés à l'état sauvage ( dromadaires marrons ).

Métabolisme : adapté à la chaleur, fourrure isolante du froid comme du chaud, graisse dans la bosse qui permet un stockage d'énergie en cas de famine, possibilité d'adapté sa température interne aux conditions externes. Recyclage de l'urée, possibilité d'ingurgité de grande quantité d'eau et de sel. Sous nos latitudes plus fraiche, la toison de laine est proportionnelle avec les températures, donc très épaisse et très imprégnée de lanoline (graisse naturelle). Ils craignent en revanche le froid humide et il leur faut un abri dans ce cas là comme la plupart des animaux. La pluie forte et l'orage peuvent créer des situations de stress et des mouvements de panique. Le dromadaire perd sa toison chaque année, on peut le tondre juste avant que les poils ne commence à tomber (c'est la "mue").


La laine des dromadaires et surtout celle du chameau peut être travaillée pour entrer dans la confection des tentes, couvertures, coussins, sac, burnous et autres vêtements.

Nous gardons la laine que nous prélevons lors des soins en espérant pouvoir en faire un jour des accessoires utiles, en attendant on se contente de la tresser sommairement pour réaliser des petits bracelets.

En ce mois de juillet Touareg et Tyrki ont mués. Jour après jour des petits paquets de laine se détachent et tombent. Pour ce débarrasser de cette laine "morte" les dromadaires se frottent énergiquement, ils se roulent aussi avec plaisir en attendant que l'on finisse le travail à l'étrille. Cette période appelée la "mue" donne un côté laissé aller à nos compagnons.


Au pays de la Soif : Par temps chaud, sec et venté, leur besoin en eau reste très faible. En comparaison avec un cheval du même poids (environ 250 Kg), le cheval va boire jusqu'à  40 litres par jour, alors que le dromadaire boira 12 l.

On estime qu' en période sèche un dromadaire à besoin de 6 litres pour 100Kg de poids vif. En saison humide cette proportion peut diminuer de plus de la moitié, car l'eau des plantes suffit.

Les besoins en eau augmente donc suivant la teneur d'humidité de la ration, pour mouiller un volume de foin ou de paille il faut plus d'eau que pour le même volume d'herbe.




Comportement : Les chameaux et les dromadaires sont des animaux à l'instinct grégaire mais sans plus. Il est assez difficile d'intégrer un nouveau dans un groupe déjà formé et hiérarchisé. Il faudra prendre des précautions pour que le ou les nouveaux arrivants puissent trouver une place dans les abris et puissent se nourrir correctement.

On peut comparer le "sang" (l'énergie) du dromadaire à celui d'un cheval de trait, c'est à dire que l'animal ne va pas "chauffer", restera le plus souvent "froid" et calme. Mais attention à "l'eau qui dort", ces animaux peuvent bouger très vite avec une grande souplesse et beaucoup de force. Son caractère entier et sa fierté naturelle demande un dressage particulier, il ne supporte pas les mauvais traitements injustes.

Devant une situation donnée le dromadaire "réfléchi" et préfèrera éviter le conflit, la difficulté, ou le travail. Autrement dit si on leur demande de faire des choses éloignées de leur mode de vie on peut  sérieusement les perturber.  Attention au dressage  complètement à l'encontre de leur caractère et de leurs capacités morphologiques. Sachons respecter leurs limites


Ce chat n'a pas l'air perturbé par son coussin de laine ambulant !


Les dromadaires sont capables d'éprouver des émotions comme la joie, la jalousie, la colère et la peur. Ils peuvent s'exprimer avec des sons, et le plus souvent par des postures bien particulières que l'on apprend vite à reconnaitre dès que l'on passe un peu de temps avec eux (voir page "éducation du jeune dromadaire").


Identification : En Afrique les propriétaires de dromadaires opposent à leurs animaux des marques au fer. Un bon berger digne de ce nom peut reconnaître toutes les bêtes de son troupeau grâce aux empreintes laissées dans le sable.

En France on essaie de mettre en place un système de codage par puce électronique. Tous les animaux ne sont pas répertoriés et nous invitons les propriétaires à le faire car cela permet un meilleur suivi. Mercredi 19 mai, pose de la puce électronique qui permet d'identifier Touareg et Tyrki. La puce contient un code propre à chaque animal, un document (NAC) reprend toutes les coordonnées, de l'animal, du propriétaire ainsi que du vétérinaire.


A qui appartient cette ombre ? Touareg ou Tyrki ?


Les soins au quotidien : Brosser pour inspecter le corps et s'imprégner de cette morphologie si atypique. Regarder les dents, soulever les pieds et regarder si tout va bien. Inspecter les piqûres d'insectes et faire de la prévention . Soulager les douleurs du cou et des épaules avec des massages. Prévenir la  prolifération des parasites internes avec une vermifugation régulière. Eviter une alimentation trop riche et essayer de diversifier au maximum la nourriture. Donner du sel en quantité suffisante pour un bon développement général. En hiver donner de l'eau tièdie par réchauffement naturel.



Un dromadaire ne s'étrille pas, il s'époussète ! Au moins deux fois par jour.


Pour plus de renseignements : voir le site scientifique du CIRAD section camélidé.